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Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Ordinations sacerdotales 2010 |
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 |  | | Cathédrale Notre-Dame de Paris - samedi 26 juin 2010
Frères et Sœurs,
Cette année notre célébration de l’ordination des nouveaux prêtres du diocèse de Paris prend une dimension exceptionnelle. D’abord elle marque la clôture de l’année sacerdotale pour le cent cinquantième anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars. D’autre part, j’ai aussi souhaité que cette ordination soit l’occasion d’un rassemblement diocésain qui associe toutes les paroisses et les communautés au terme de notre première année de « Paroisses en mission ».
Bien sûr, nous savons que nous ne sommes ici qu’une petite partie de l’immense peuple de Dieu qui constitue le diocèse de Paris. Nous avons bien conscience de n’être que les représentants visibles de ces assemblées dominicales que j’ai appelées cette année à s’investir davantage dans la mission de l’Église.
Nous sommes d’autant plus heureux de nous retrouver dans et autour de la cathédrale, l’église mère, représentant les différents quartiers de Paris et toutes les générations. Notre joie est encore accrue par la présence de Mgr Joseph Nguyen Chi Linh, évêque de Thanh-hoa au Vietnam qui vient participer à l’ordination de Joseph Nam, prêtre de son diocèse. Nous lui souhaitons cordialement la bienvenue à Paris et nous lui exprimons notre communion avec l’Église au Vietnam.
Nous sommes aussi heureux d’accueillir Mgr Matthias N’Gartéri Mayadi, archevêque de N’Djaména au Tchad.
Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, Thierry, Thierry, Joseph, Luc et Sébastien,
Célébrer votre ordination sacerdotale au cours de ce rassemblement diocésain n’est pas une manière de relativiser l’événement exceptionnel que vous vivez aujourd’hui, au contraire. C’est au cœur de ces communautés que votre vocation personnelle a pris corps, c’est pour le service de ces communautés que vous êtes ordonnés et que le Christ appelle chacun d’entre vous et vous consacre. La magnifique figure de notre Église assemblée vous donne visiblement le cadre de votre vie de prêtres qui commence aujourd’hui.
Vous êtes accompagnés par vos familles que je salue et auxquelles j’exprime la reconnaissance de tous. Autour de votre évêque et de ses auxiliaires, avec l’ensemble du presbyterium qui va vous imposer les mains, entourés des diacres, des religieux et des religieuses, de toutes les personnes consacrées et portés par le peuple tout entier, vous recevez en même temps votre mission et votre place dans l’Église du Christ pour guider et nourrir le peuple chrétien, pour participer à sa mission et rendre témoignage au Christ.
Alors que notre Église a été durement touchée tout au long de cette année, nous mesurons bien que notre engagement à la suite du Christ est un engagement de pauvres hommes qui n’échappent ni aux perversions communes, ni aux fautes des membres de l’Église. Notre corps sacerdotal a été secoué par la révélation du mal qu’ont fait un certain nombre de ses membres. L’Église tout entière en a été frappée. Nous en avons souffert, nous en souffrons et nous en demandons pardon à celles et ceux qui en furent les victimes. Mais nous avons assez foi en la puissance de Dieu pour savoir qu’Il continue d’agir malgré nos faiblesses.
Ce n’est pas de nos qualités, de nos talents, ni même de nos convictions que nous sommes les témoins. C’est du Christ ressuscité et de la vie de son Esprit en ce monde. Ce ne sont pas notre valeur morale que nous annonçons, c’est la Bonne Nouvelle du salut. Dans le Christ, le péché et la mort ont été vaincus et ceux qui essaient d’être disciples du Christ sont témoins de cette victoire. Comme les Apôtres à Césarée, avec le peuple de Dieu tout entier, nous sommes sollicités aujourd’hui encore pour dire qui est Jésus-Christ. Qui il est pour nous ; qui il est pour chaque homme et chaque femme de notre temps.
La véritable réponse aux questions de ce monde n’est pas dans le même registre que celui des questionneurs. Ceux-ci sont tentés de mesurer l’authenticité de l’Église à l’aune des moyens de communication pour lesquels l’image construite et présentée compte plus que la réalité. Notre véritable réponse aux questions de ce monde n’est pas dans une stratégie de communication, elle est ici ce matin, dans cette cathédrale et sur son parvis. C’est l’Église toujours vivante malgré ses faiblesses et ses blessures, c’est l’Église fondée par le Christ, animée par son Esprit, l’Église sans cesse en croissance et en mouvement, l’Église mobilisée et passionnée par l’annonce de Jésus-Christ.
Ce sont les chrétiens qui témoignent de Jésus-Christ dans tous les quartiers de notre grande ville et dans tous les domaines de leur vie : leur famille, leur travail, leurs loisirs. Ce sont ces mêmes chrétiens qui se rassemblent chaque dimanche pour proclamer la foi de l’Église, recevoir la Parole de vérité et le Pain de vie. Ces assemblées paroissiales sont variées et bigarrées par les différentes nationalités et les différentes cultures de ceux qui s’y retrouvent comme les membres d’une même famille. Nos communautés essaient, semaine après semaine, de témoigner dans ce monde que la diversité sociale n’est pas un danger, pas plus que la diversité raciale ou culturelle. Ces diversités sont des richesses précieuses.
Ces chrétiens qui se réunissent chaque dimanche par dizaines de milliers, sont une puissante force de transformation de notre monde et de notre société. Par leur manière de vivre, par leur persévérance dans les difficultés, par leur espérance dans les possibilités de rendre ce monde meilleur, ils sont une référence et un soutien pour toute notre société. Ils savent que cette société n’est pas toujours prête à porter et à soutenir les valeurs du christianisme et ils acceptent que leur témoignage ne soit pas reconnu et même qu’il soit critiqué. Ils ne demandent aucun traitement de faveur, mais ils demandent d’être respectés au nom de leur service du bien commun.
Dans ce monde, dans tous les temps et sous toutes les latitudes, la fidélité à la personne du Christ et à son enseignement a toujours été un combat. Dire qui est Jésus-Christ ne conduit pas nécessairement à se faire des amis. Jésus en a prévenu ses disciples : « Vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi : ils auront là un témoignage pour eux et pour les païens. Lorsqu’ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de savoir comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là, car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » (Mt. 10, 18-20).
Ce n’est pas sur nos forces que nous pouvons compter, mais sur la force de Dieu. On a pu enchaîner Pierre et traduire Paul en jugement. On ne peut pas enchaîner la Parole de Dieu. Chers amis, vous pouvez donc accepter avec confiance le ministère auquel vous êtes appelés, pourvu que vous soyez résolus à vous appuyer sur la grâce de Dieu et sur la vie de l’Église pour conduire votre vie et votre action.
Notre rassemblement de ce jour béni est d’abord un acte de foi dans cette puissance de Dieu qui conduit son Église en rassemblant, semaine après semaine, les disciples de Jésus et en les nourrissant de sa Parole et de ses sacrements. Mais, l’authenticité de cette parole et de ces sacrements nous est garantie, non par un contrôle idéologique ou par un alignement de tous sur de bons sentiments généreux.
Elle nous est garantie sacramentellement par le ministère des prêtres agissant dans l’Église par l’envoi du Christ pour faire ce que lui-même a fait. Quand nous prêchons, malgré les limites de nos discours, c’est lui-même qui instruit son Église. Quand nous consacrons le pain et le vin, c’est lui-même qui se donne en nourriture et en boisson. Quand nous pardonnons les péchés, c’est lui-même qui fait miséricorde. Quand nous baptisons, c’est lui qui baptise. Dans tous les sacrements par lesquels il nous donne sa vie, il a voulu passer par les simples paroles et les pauvres gestes de ses ministres pour toucher lui-même chaque chrétien dans son âme et dans son corps.
Nous sommes remplis de joie et de gratitude pour le soin que Dieu prend de son peuple à travers le ministère des prêtres. Nous sommes remplis de joie et de gratitude pour tous ces hommes que le Christ a choisis et appelés pour « être avec lui » et partager sa mission pastorale.
Je pense aux neuf prêtres que nous allons ordonner aujourd’hui, mais aussi tous ceux qui les ont précédés et dont nous sommes heureux de fêter le jubilé de l’ordination, aux prêtres âgés qui suivent cette célébration depuis la maison de retraite Marie-Thérèse et bien-sûr à tous ceux qui vont vous imposer les mains et appeler sur vous le don de l’Esprit du Christ. Aujourd’hui nous voulons remercier Dieu pour ce don magnifique et vous remercier, vous, ses prêtres et ses diacres, qui avez généreusement répondu à son appel, vous par qui nous avons été enfantés à la foi, reçus dans l’Église et soutenus et fortifiés dans notre suite du Christ.
Frères et Sœurs, laissez-moi vous faire une confidence. Je crois que tous vos prêtres réunis ici tout comme ceux qui nous sont unis par la pensée et la prière, tous ont le cœur débordant de joie et de gratitude pour le bonheur que Dieu leur donne grâce à vous.
Tous sont émerveillés des fruits que produit l’Esprit dans la vie de tant d’hommes et de femmes, souvent inconnus, qui sont aujourd’hui les témoins du Christ au milieu de ce monde. Ils trouvent leur joie et leur épanouissement à exercer leur service pastoral avec vous et pour vous. Ils se réjouissent de voir comment la force de l’Esprit surmonte vos faiblesses et vous conduit à mettre en pratique le commandement de l’amour.
Vous le faites dans vos familles entre époux et avec vos enfants ; vous le faîtes dans vos paroisses et vos mouvements quand vous donnez généreusement de votre temps pour aider à la vie de vos communautés ; vous le faites dans votre vie sociale quand vous vous engagez pour plus de justice et de générosité. Grâce à vous, notre foi est fortifiée, notre espérance est éclairée. Avec Paul, nous pouvons dire : « Je sais en qui j’ai mis mon espérance et je ne serai pas déçu. »
Au moment où notre société traverse une crise où les incertitudes économiques font ressortir les questions fondamentales sur notre modèle de vie sociale et appellent à nouveau une réflexion sur le sens de la vie humaine, l’Évangile et son programme de justice et d’amour prennent une actualité nouvelle. Un certain nombre de nos contemporains entendent avec plus d’intérêt et plus d’attention celles et ceux qui ne se laissent pas enfermer dans le piège de l’exploitation anarchique du monde pour la satisfaction de leurs désirs immédiats, celles et ceux qui osent poser les questions des finalités : pourquoi l’homme est-il sur la terre et comment peut-il être digne de sa vocation unique ?
Catholiques de Paris, dans ce temps de grâce, dans ce moment opportun, ne faillissons pas à notre mission ! Que chacune de nos communautés, -et spécialement nos assemblées dominicales-, soit un flambeau d’espérance dans la grisaille des jours. Que chacune et chacun d’entre nous soit un signe que la promesse de Dieu s’accomplit pour ces temps et en ces lieux.
Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, Thierry, Thierry, Joseph, Luc et Sébastien, Vous commencez votre ministère de prêtre dans une période pleine de promesses. Vivez le comme une grâce particulière au service de l’Église tout entière. Regardez ce peuple qui vous entoure. Il est le signe et le gage que la mission que vous recevez pourra s’accomplir en communion avec lui.
Aux jeunes hommes qui sont ici ce matin, je veux dire encore une fois : l’Église qui est à Paris a besoin de prêtres passionnés par l’annonce de l’Évangile et le service du peuple des chrétiens. Vous pouvez être ces prêtres si vous acceptez tout simplement d’entendre l’appel de Dieu et d’y répondre. En tout cas, moi aujourd’hui je vous y invite sans crainte car je sais que Dieu donne les moyens d’accomplir ce qu’il demande et qu’être prêtre est un chemin de bonheur. « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître, où les voleurs percent les murs et dérobent…Là où est ton trésor là aussi est ton cœur. » (Mt. 6, 19…21). Réfléchissez, priez et demandez souvent à Dieu : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris
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BAPTÊMES ET ORDINATIONS |
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 |  | | "TOUS FRÈRES"
Dimanche 20 juin 2010
12ème dimanche du Temps ordinaire
En lisant ce Tous Frères, vous remarquerez qu’il n’y a pas moins de 12 baptêmes cette semaine dans notre paroisse.
Tout baptême d’un petit enfant a quelque chose de merveilleux. On est sous le charme du bébé qui est là : ce petit qui est venu prendre sa place dans la famille humaine, qui affirme déjà sa personnalité et qui attire tous les regards. Une jeune grand-mère disait l’autre jour : « Comment est-ce possible d’être déjà si belle le jour même de sa naissance ! »
On s’attendrit, mais ce n’est pas seulement cela. La foi nous fait comprendre que cet enfant qui est là, Dieu l’adopte pour sien. Dieu devient son Père des Cieux, comme il est le Père de Jésus. C’est sans retour : ineffaçable. On peut s’éloigner de Dieu. On peut vouloir effacer son baptême. Dieu, lui, ne l’efface pas. Un enfant perdu est pour lui un enfant attendu. Il est comme le Père du fils prodigue, qui guette son retour.
À Notre-Dame, samedi prochain, neuf diacres seront ordonnés prêtres. L’ordination est comme un baptême, elle ne s’efface pas. Elle n’a pas besoin d’être renouvelée, à l’occasion, pour une nouvelle mission. On reste prêtre, quoi qu’il arrive.
On peut s’étonner de cela. On peut aussi s’émerveiller de voir nos vies placées sous le signe d’un don sans retour. Ce que Dieu donne à ses amis, il ne le laisse pas disparaître. À y réfléchir, c’est ce qui nous permet d’espérer la vie éternelle.
Père Jean-Loup Lacroix
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« L’audace de Dieu qui se confie à des êtres humains » |
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 |  | | Le vendredi 11 juin, fête du Sacré-Cœur, le Pape Benoît XVI a prononcé une homélie pour la clôture de l’année sacerdotale. Voici la plus grande partie de ce texte.
Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui. Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur.
Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau.
Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ». Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu.
Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du cœur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables.
On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise à « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire.
Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie.
Si l’année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde.
Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité.
Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son cœur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même nous est ouvert.
La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son cœur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le cœur de Jésus et être vécu à partir de lui.
Benoît XVI |
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« ACTION DE GRÂCES » |
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 |  | | "TOUS FRÈRES"
Dimanche 13 juin 2010
11ème dimanche du temps ordinaire
Ce dimanche 13 juin est celui de la « messe de fin d’année » de notre paroisse. Avant la dispersion de l’été, nous nous rassemblons pour rendre grâces.
Cette année avait pour thème « Paroisse et Eucharistie ». Le
mot « eucharistie » vie d’un mot grec qui signifie « action de grâces ». La grâce, c’est ce que Dieu donne. L’action de grâces, c’est l’expression de notre gratitude pour ce qu’il nous donne. Ce n’est pas seulement un « merci » de politesse que l’on dirait du bout des lèvres. C’est un sentiment profond dans lequel reconnaissance, joie et amour se mêlent et se renforcent.
Nous rendons grâces pour l’année écoulée. On pourrait s’en étonner : l’année fut-elle donc bonne ? Une « année de grâce », vraiment ?
Il est vrai que l’avenir est rempli d’incertitudes, qui ne portent pas seulement sur l’économie. Quant à l’Église, ses faiblesses s’étalent chaque jour davantage. D’où vient ce sentiment de gratitude qui, malgré tout, nous habite ? Nous voulons nous tourner vers Dieu pour lui dire : « Tu es bon. » Pourquoi ?
Chacun fera sa propre liste des bienfaits qui motivent sa reconnaissance. Parfois, au cœur d’une très dure épreuve, ce sera la grâce de ne pas céder au désespoir et d’avancer malgré tout, cahin-caha, dans la foi. Plus souvent, ce sera la chance, à vivre comme une grâce, de mener une vie relativement paisible, d’avoir une famille et de bons amis. Souvent aussi, ce sera la joie de voir des enfants qui naissent et qui grandissent, chacun enfant de Dieu, chacun avec sa personnalité et sa destinée. Plus exactement : sa vocation.
La liste peut s’allonger à l’infini : nous avons tant de motifs d’être heureux !
Pour notre paroisse, quand je repense à l’année écoulée, il me revient d’abord le souvenir d’une certaine bousculade : trop de dossiers ouverts, trop d’urgences, trop de demandes que l’on peine à satisfaire, trop de projets à faire avancer. J’écris « trop », mais le mot n’est pas juste. Est-ce que nous allons nous plaindre que tant de personnes s’adressent à nous, pour mille raisons ? Allons-nous déplorer que notre église ait été remplie par des assemblées nombreuses et fort diverses, plusieurs journées de suite, la semaine passée ? Vais-je regretter qu’il y ait 29 baptêmes en préparation pour les prochaines semaines ?
Si nous laissons décanter cette impression de trop plein que nous pouvons avoir, la fatigue aidant, elle ne tarde pas à faire place à un sentiment de plénitude. Plénitude que Dieu nous donne de vivre. Et donc, pour finir, gratitude. « Oui, merci, mon Dieu, pour tout, et même pour le plus difficile ! »
L’année qui vient ne sera certainement pas moins dense que celle qui vient de s’écouler. Pour notre paroisse, le principal temps-fort sera la fête qui marquera l’achèvement des travaux de la tour de l’église : un grand rendez-vous à ne pas manquer (16 janvier 2011). Avec le conseil pastoral et le conseil économique nous n’avons pas moins de quatre autres projets majeurs. Nous vous en dirons davantage en octobre.
Bon été !
Père Jean-Loup Lacroix |
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Pour prier le Sacré-Cœur |
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 |  | | Nom de Jésus,
le nom du bien aimé,
le nom du premier né,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
brûlé de tant d'amour,
meurtri par le péché,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
le nom du vrai Pasteur,
le nom du Prince Agneau,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
repos des cœurs blessés
et grâce des pécheurs,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
plus beau que tous les noms,
le nom qui nomme Dieu,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
qui dis le cœur de Dieu
plus grand que notre cœur,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
le nom des baptisés,
seul nom des justifiés,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
le cœur de l'Homme-Dieu,
le cœur de Dieu en croix,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
qui blesses notre cœur
et creuses tout désir,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
qui calme toute soif
et comble toute faim,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
puissance de salut
qui marque notre front,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
qui mène vers la joie,
qui garde dans la paix,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
plus clair que n'est le jour,
plus doux que n'est le miel,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
étoile du chemin,
rocher qui donne l'eau,
Pitié pour nous !
Nom de Jésus,
la perle de grand prix,
trésor qui passe tout,
Loué sois-tu !
Cœur de Jésus,
violent comme est l'amour,
puissant comme est le feu,
Pitié pour nous ! |
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LA FÊTE-DIEU TRADITIONNELLE |
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 |  | | Jusqu'au 13° siècle, il n'y avait ni office ni exposition du Saint sacrement. La fête du Corpus Christi est apparue au 13° siècle à la suite d'une vision qu'a eue vers 1210 une religieuse sainte Julienne de Cornillon. Le premier formulaire d'une messe en l'honneur du Saint sacrement a été composé en 1246 dans le diocèse de Liège. Puis on a utilisé un nouveau formulaire œuvre de saint Thomas d'Aquin.
En 1264, le pape Urbain IV rendit la fête du Saint Sacrement obligatoire pour l'Église universelle. Progressivement, elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou fête du Saint Sacrement. Le nom de Fête Dieu n'existe qu'en français. (Source : http://catholique-nanterre.cef.fr) |
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« FÊTE-DIEU » |
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 |  | | "TOUS FRÈRES"
Dimanche 6 juin 2010
Fête-Dieu
Ce dimanche est la « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». Dans les siècles passés, en France, on parlait simplement de la « Fête Dieu ». Cette appellation était étonnante : on fête Dieu toute l’année. Elle avait le mérite d’aller droit au but. Quand nous fêtons l’eucharistie, c’est Dieu même que nous fêtons.
Je me demande souvent si l’on réalise bien que la question numéro un, pour nous, c’est la question de Dieu.
Dieu n’est pas un concept, ni un beau rêve, ni une invention. Il existe. Il est le Vivant. La Vie même. Tous les croyants monothéistes ont en commun de reconnaître le Dieu unique, créateur de tout ce qui existe. Dieu n’est pas un élément du monde. Pas seulement une pièce du grand puzzle de l’univers. Pas son énergie, ni sa structure. Il est au-delà, radicalement.
Nous disons qu’il habite au plus haut des cieux. Cela ne signifie pas qu’il serait perdu quelque part, au plus loin, dans l’infinité de l’espace. Cela signifie qu’il est l’exact opposé du néant. À Moïse, il a fait connaître son nom : « Je Suis ».
Alors oui, Dieu nous intéresse. Nous pensons à lui, souvent : cela s’appelle la prière. La première de nos « valeurs », c’est de l’aimer de toutes nos forces. Cela n’est pas si difficile, car Dieu a pris visage humain. Depuis vingt siècles, nous faisons mémoire de cet homme unique qui, la veille de mourir, a partagé le pain en disant : « Ceci est mon corps ». Était-il fou ? Toute sa vie montrait le contraire. Il était Dieu fait homme.
Si nous sommes « chercheurs de Dieu », quand un prêtre présente le pain et redit ces mêmes paroles, cela est pour nous infiniment sérieux. Ce pain serait le corps du Christ ? Réellement ? En fait, Dieu serait donc présent ? Accessible ?
C’est très précisément ce que nous croyons. Avouez que cela vaut bien une fête.
Père Jean-Loup Lacroix |
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NOTRE PAROISSE |
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 |  | | "TOUS FRÈRES"
Dimanche 30 mai 2010
Fête de la Sainte Trinité
On vient à Saint-Sulpice du monde entier, et pas seulement en touriste.
Un exemple ? Jeudi dernier, c’était une famille australienne, de passage à Paris, qui demandait que la messe soit célébrée à l’intention d’une personne décédée. À cette même messe, comme tous les jeudis, nous avons prié pour les intentions confiées à l’équipe d’accueil par des personnes de passage. Plusieurs étaient poignantes. Quelqu’un demandait des prières pour une très jeune femme de sa famille proche « qui tombe dans la prostitution ».
La veille, c’étaient les obsèques de Robert Laffont. La presse avait longuement évoqué son parcours. L’assemblée était nombreuse. Au premier rang, des personnalités de tout premier plan. J’étais heureux de constater que la cérémonie gardait cependant un certain caractère familial, avec une émotion que l’on sentait sincère. La longue procession de communion fut un témoignage de foi.
On n’en finirait pas de tenir la chronique de ce qui se passe dans notre église. Cette semaine encore, il faudrait raconter la soirée sur le Linceul de Turin (près de 200 personnes), la venue d’une importante chorale hollandaise, le concert de Dominique Proust, etc.
J’écris cet éditorial à l’heure où débutent nos journées d’amitié 2010. Le ciel vient de se dégager et le soleil commence à se montrer. La météo n’en promettait pas tant. Ouf !
Pour les paroissiens et les amis de Saint-Sulpice, les journées d’amitié sont une occasion unique de se retrouver et de resserrer leurs liens. Une paroisse doit former une communauté. C’est ensemble que nous sommes responsables d’une même mission. Chez nous, elle est exceptionnellement importante : nous nous souhaitons mutuellement bon courage.
Père Jean-Loup Lacroix
- Une date que vous pouvez déjà noter sur vos agendas :
Dimanche 16 janvier 2011,
célébration de la fin des travaux de la tour nord de l’église.
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LA PRIÈRE D’ÉLISABETH DE LA TRINITÉ |
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 |  | | « O MON DIEU, TRINITÉ QUE J'ADORE,
aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l'éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon immuable,
mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.
Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi,
tout adorante, toute livrée à votre action créatrice. » |
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PENTECÔTE |
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Dimanche 23 mai 2010
Pentecôte
Cinquante jours après la résurrection du Christ, il se produisit un double miracle. Ses disciples, jusque-là apeurés, sortirent de leur retraite et commencèrent à proclamer publiquement leur foi. La foule cosmopolite qui les écoutait constata avec surprise que chacun les entendait parler sa propre langue.
Un instant auparavant, ils avaient reçu une étonnante visite. Un être sans visage, mais bienveillant, s’était manifesté à eux dans le feu et la tempête. Une langue de ce feu s’était posée sur chacun d’eux. La peur les avait quittés, faisant place à une joie sans bornes.
Jésus leur avait promis la venue de l’Esprit Saint. C’était ce qui venait de se produire. Ils expérimentaient ce qu’avaient vécu les prophètes d’Israël, des siècles plus tôt, quand l’Esprit du Seigneur s’emparait d’eux et les faisait parler.
Ce qu’ils avaient à dire était une bonne nouvelle et un appel à la conversion. Ils disaient que Jésus, le crucifié du Golgotha, était revenu à la vie et partageait pour toujours la gloire du Dieu unique. Ils disaient aussi qu’il fallait croire en lui, se faire baptiser et changer de vie.
Aujourd’hui comme hier, ces événements sembleront impossibles à croire pour qui ne partage pas la foi chrétienne. C’est pourtant un fait indubitable qu’il s’est produit, ce jour-là, un événement qui a profondément bouleversé l’histoire humaine. En quelques années, le mouvement religieux qui venait de naître fera des dizaines de milliers d’adeptes et se répandra jusqu’au-delà des frontières de l’empire romain. L’histoire qui suivra sera celle du plus grand mouvement spirituel que l’humanité ait connu.
Qu’est-ce qui a permis au christianisme de naître, de grandir et de durer jusqu’à notre temps ? Beaucoup de facteurs, très certainement ; mais notre conviction est que le principal acteur de toute cette histoire est celui qui fut à son origine : l’Esprit Saint lui-même. Quand on étudie l’histoire de l’Église, on constate une succession de crises et de renaissances. À plusieurs reprises, tout était en place pour que ce soit la fin. Mais non ! une nouvelle génération de croyants prenait la relève. Parmi eux, des saints.
Comme tout le monde, je suis impressionné par les faiblesses de l’Église et par ce qui ressemble fort, aujourd’hui, à un recul de la foi, mais je suis le témoin et le confident de trop d’aventures spirituelles pour être pessimiste. La Pentecôte, c’est aujourd’hui !
Père Jean-Loup Lacroix
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ASSEMBLÉE PAROISSIALE (SUITE) |
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Dimanche 16 mai 2010
7ème dimanche de Pâques
L’assemblée paroissiale du 10 avril faut d’abord une découverte de la mission à l’échelle du monde. Le Père CASTELINO nous a expliqué comment, en ce début de 21e siècle, des communautés chrétiennes naissent et se développent, loin des feux de l’actualité, dans des régions perdues de l’Inde ou de Madagascar. <(Cf. Tous Frères du 18/04, ce texte se trouve aussi sur ce site dans "Documents Homélies".)
Une assemblée paroissiale, ce sont aussi des débats. Le 10 avril, la question était : Comment être « missionnaires », nous aussi, ici, à Saint-Sulpice ? Dans la discussion, une personne a soulevé cette question : « Quand des visiteurs poussent la porte de notre église, que voient-ils ? Est-ce qu’ils se rendent compte qu’ils sont dans un lieu de prière ? »
La réponse est oui, bien sûr. Dès l’entrée, avant même de faire quelques pas, on aperçoit des cierges qui brûlent à différents endroits.
En s’avançant, il est bien rare qu’on ne voit pas des personnes en train de prier. Si c’est l’heure de midi, une personne est là, avec une petite table, une icône et un cahier ouvert pour noter les intentions de prière. À d’autres heures, un prêtre est là, avec aube et étole, pour les confessions. Au fond de l’église, en fin d’après-midi, on sent une discrète odeur d’encens.
Il reste qu’on peut se demander si l’on fait assez pour que les personnes qui viennent se sentent accueillies par une communauté de croyants, prête à témoigner de sa foi et heureuse de pouvoir le faire si souvent. Mardi dernier, le Conseil Pastoral de notre paroisse a de nouveau réfléchi à cette question. La conclusion est claire : À Saint-Sulpice l’accueil de qui vient dans notre église doit rester, aujourd’hui comme hier, la principale priorité de notre communauté paroissiale.
Il est frappant de constater que l’église est de plus en plus visitée.
Notre communauté paroissiale comprend quelques milliers de membres. Nos visiteurs sont des centaines de milliers. Le rapport est de un à cent. C’est dire le défi.
Que faire ? Nous avons quelques idées… (À suivre)
Père Jean-Loup Lacroix |
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PRIÈRE DU CURÉ D’ARS |
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 |  | | Je vous aime, O mon Dieu,
et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au
dernier soupir de ma vie.
Je vous aime, O mon Dieu infiniment aimable, et
j'aime mieux mourir en vous aimant que de vivre
un seul instant sans vous aimer.
Je vous aime, O mon Dieu, et je ne désire le ciel
que pour avoir le bonheur
de vous aimer parfaitement.
Je vous aime, O mon Dieu, et n'appréhende
l'enfer que parce qu'on n'y aura pas
la douce consolation de vous aimer.
O mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout
moment que je vous aime,
du moins je veux que mon cœur vous le répète
autant de fois que je respire.
Ah! faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant,
de vous aimer en souffrant et d'expirer un jour en
vous aimant et en sentant que je vous aime.
Et plus j'approche de ma fin, plus je vous conjure
d'accroître mon amour et de le perfectionner.
Ainsi soit-il ! |
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ASSEMBLÉE PAROISSIALE |
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 |  | | "TOUS FRÈRES"
Dimanche 18 avril 2010
3ème dimanche de Pâques
Samedi dernier, nous nous sommes retrouvés au Séminaire des Missions Étran-
gères, rue du Bac, pour une nouvelle « assemblée paroissiale ». Celle du mois de janvier était centrée sur l’eucharistie. Celle-ci portait sur la mission.
Il faisait beau. Nous étions très bien accueillis. Le programme prévu se déroulait sans anicroche. De l’avis général, la matinée fut une réussite. Nous avions demandé que l’un des prêtres de la maison vienne présenter l’histoire des Missions Étrangères de Paris. Le Père Balthazar CASTELINO, actuel Supérieur, est venu nous parler. Ce qu’il nous a raconté fut une découverte pour beaucoup d’entre nous.
On attendait une page d’histoire. Il nous a surtout raconté la mission telle qu’elle se poursuit aujourd’hui.
Il y a quelques années, il travaillait à Madagascar dans une zone rurale isolée
dont les villages sont parfois à 40 km de la route carrossable la plus proche. Dans cette région, le nombre des chrétiens augmente sans cesse. Le prêtre passe une ou deux fois par an dans chaque village, mais les chrétiens se réunissent tous les dimanches. Des responsables laïcs sont désignés qui vont au chef-lieu pour y recevoir la formation nécessaire. La vie des missionnaires est rude. Chacune de leurs tournées leur fait faire environ 200 km de marche à pied, sac au dos. Mais l’Église grandit sous leurs yeux, comme du blé qui lève.
J’ai questionné le Père Balthazar sur la vie de l’Église dans son pays d’origine, en Inde. Il nous a expliqué comment les gens y deviennent chrétiens malgré les tracasseries de l’administration. Un adulte ne peut pas être baptisé sans passer d’abord devant un tribunal pour déclarer qu’il fait cette démarche librement sans être victime d’aucune pression. Dans certaines régions proches de la frontière chinoise, interdites à tout étranger, les conversions se comptent cependant par dizaines de milliers. Les jeunes qui partent étudier en ville en profitent pour suivre une formation chrétienne. Quand ils reviennent au village, ils instruisent leurs familles.
L’administration commence à admettre que, puisque les gens se sont fait baptiser, on ne peut pas interdire à des prêtres de venir.
Tout cela se passe aujourd’hui, au XXIe siècle. Le sait-on ?
La matinée s’est poursuivie par des carrefours sur la façon dont nous pouvons
être missionnaires, nous-mêmes, à Paris. (A suivre…)
Père Jean-Loup Lacroix |
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